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L'union avec le Dieu intérieur....

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Exos
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MessageSujet: L'union avec le Dieu intérieur....   Jeu 28 Fév - 6:36

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L'union avec le Dieu intérieur


Dans la voie ésotérique, chacun doit donc d'abord trouver son chemin, celui correspondant à son nom intérieur, le chemin de son âme et sa voie se développera selon cette ligne de force particulière, exactement comme une cristallisation se fait selon certains axes invisibles qui déterminent la forme particulière du cristal.
C'est autour de ce rayon du « Soi » que s'ordonnera l'apparent chaos de la personne. C'est lui qui cristallisera cette multitude d'éléments hétérogènes composant le « moi extérieur ». Peu à peu, ce dernier se transformera pour que restent seulement les éléments homogènes à sa nature. Il est un peu le sel alchimique qui tisse le corps incorruptible de l'âme.

Mais l'être s'éveille progressivement à cette réalité du soleil intérieur et le chemin est long avant d'arriver à cette plénitude de l'union.
Lorsque nous commençons à être adombré par l'ange, brusquement, notre vie s'écoule différemment. Nous pouvons sentir comme une « main » qui tisse notre destinée, multiplie les signes, les rencontres, comme si nous étions entrés dans un courant qui nous portait, nous emmenait dans une direction précise. Cette direction n'est d'ailleurs pas forcément celle que nous voulions ou plutôt que voulait le « moi ».

Le Maître intérieur parle la langue des symboles, sème des indices qu'il nous faut savoir déchiffrer. Il joue avec les nombres, les dates, parfois les mots. Il peut provoquer une rencontre qui se révélera décisive, ou amener un moment de solitude. Une porte s'ouvre, une autre se ferme, avec, à chaque fois un sens précis. Un ordre se dessine, comme une figure tracée par le destin.

Parfois aussi, le disciple éprouve comme un sentiment d'exil, de resserrement. La vie est comme un vêtement soudain trop étroit, ne correspondant plus à la dimension nouvelle qui l'habite. Il peut aussi ressentir une soif inconnue, un vide immense que rien ne comble vraiment. Il peut être traversé par d'inexplicables et soudains sentiments de paix, d'harmonie qui le submergent sans raison. Ce peut être une ouverture momentanée. Quelques années durant lesquelles il se sentira brusquement porté par la vie. Il aura des préoccupations spirituelles, fera des rencontres qui bouleverseront sa destinée. Il vivra de brefs instants de joie, de bonheur intense, d'extase. Puis tout semble se fermer, et l'être est nouveau seul, égaré dans les cercles du devenir.

Ce sont, en fait, les premiers attouchements de la « grâce », de cette lumière qui se dissimule encore et qui le conduira à l'éveil de sa nature véritable. Ne rencontrant pas de milieu propice, elle ne peut se développer, et seul, celui qui est suffisamment mûr, entreprendra le chemin menant à la lumière.
Mais ces germes, jetés par intermittence ou une seule fois dans le cours d'une vie, opèrent, hors des yeux de chair, tout un parcours invisible. Des lois inconnues de la personne sont en jeu qui font éclore cette fleur et ce fruit, parfois bien des années plus tard, ou au cours d'autres vies.

L'homme intérieur est hors du temps ou du moins de notre conception du temps. Son action possède une autre perspective, beaucoup plus vaste, s'étalant sur des milliers de nos années et notre vie qui nous paraît si précieuse est située dans une vaste figure nous échappant totalement.
Le chemin spirituel consiste donc à accueillir cette clarté de l'homme intérieur, à entrer dans son champ d'influence, à être progressivement revêtu de ce manteau de lumière pour que « son corps, son sang, sa tête et son coeur » soient progressivement imprégnés par lui.

Le disciple apprend à s'isoler du tumulte des pensées et des émotions, à développer en lui un espace de clarté, de paix, qui lui permettra de reconnaître la parole du « Soi ».
Ce sont quelques instants de silence dans le bruit du quotidien. Comme un espace de paix qui vient et repart, s'approfondit peu à peu. L'être s'ouvre à son intériorité. Il s'ouvre au silence. Un silence vibrant, intense, chargé. Un silence qui est chaleur, plénitude. Une exploration presque tactile révèle son murmure. Comme un souffle ténu, subtil, étranger aux impressions habituelles.
Puis ce silence s'agrandit, cet espace s'élargit, augmente, se propage, vagues après vagues dans les moindres recoins de l'être. C'est le dieu, l'ange, qui imprègne progressivement les pensées, les émotions, la corporéité. Peu à peu les pulsions les plus obscures sont transfigurées.

C'est au coeur de ce silence que la parole du Maître intérieur peut se faire entendre.
Elle est comme un faible murmure, au début presque imperceptible, difficile à discriminer des voix plus grossières, du mouvement des désirs et des craintes.
Elle est aussi comme une flamme pure et légère, comme « un oiseau sur le rebord de la fenêtre, prêt à s'envoler au moindre geste un peu brusque ». Un mystère qu'il faut apprivoiser pas à pas, et qui naît spontanément au plus profond, lorsque toutes les écorces qui nous voilaient à son éclat sont tombées. Nous pouvons seulement veiller, nous tenir auprès d'elle, garder son foyer pour qu'elle ne soit pas ensevelie sous le bruit des apparences, absorbée par les préoccupations, obscurcie, oubliée.
Durant toute cette période, exactement comme l'oeuf a besoin de la coquille, ou l'embryon du ventre maternel pour se développer, le disciple a besoin d'une coque, d'un athanor invisible, qui l'isole, le protège et permet la gestation de la lumière.
Il faut cet enfermement, ce profond recueillement, que l'être se ramasse en lui-même pour que le processus puisse s'accomplir. Car c'est dans le secret que se passe la grande mutation, le passage d'un état à un autre qui permet la croissance du germe spirituel.

Toute transition demande cette phase de repli. C'est le pralaya, l'état de dissolution qui précède et qui suit la manifestation d'un univers.
Chaque pensée, est aussi suivie par un blanc, un silence imperceptible.
C'est l'oeuvre au noir alchimique où l'impulsion qui nous poussait à toujours vouloir, espérer, retombe.
C'est une phase de l'oeuvre spirituelle où la vie semble lisse, nue, dénuée de « couleurs ». C'est un moment de suspense, d'attente.
Le disciple peut vivre aussi une grande tristesse. Cependant il ne faut pas vouloir éteindre ou même atténuer cette tristesse de manière artificielle, mais l'accepter, et rester à l'écoute, attentif; s'enfoncer dans cette nuit, nous envelopper en elle comme on le ferait d'un manteau.

Il faut attendre que l'oeuvre au noir ait épuisé son cycle, la laisser accomplir son travail de défrichement de l'âme. Alors, curieusement, de cette nuit surgira la lumière, le noir deviendra la paix blanche qui illumine. Il se produira comme un retournement, et ce sera comme si cette nuit possédait un double visage. Un léger basculement, et la profonde tristesse qui nous habitait se transforme instantanément en paix.
En fait, ce visage de lumière qui nous habite se nourrit de toutes nos défaites, nos dépouillements, de toutes nos morts intimes, car il est cela qui demeure intact lorsque tous les éléments de la personne se sont effacés...
À ce stade d'intimité, le « Soi » peut nous apparaître régulièrement au cours de rêves ou de visions, comme un être empli d'amour et de sagesse qui nous guide, nous oriente, nous protège et sait toujours la réponse juste à une situation donnée, l'acte qui se révélera le plus bénéfique pour nous.

L'intimité avec ce « visage de lumière » se développe, et lorsque, finalement, l'ultime vallée qui le séparait de son Seigneur est franchi, le disciple s'aperçoit que c'était lui-même qu'il recherchait, qu'il était lui-même l'objet de sa quête. Ce que symbolise cette identité d'apparence entre Ramakhrisna et le jeune sannyas, ou ce double lumineux d'eux-mêmes qu'ont perçus certains soufis au cours d'une vision mystique.
Nous pouvons donc comprendre le chemin spirituel comme un jeu entre la conscience individuelle et le « Soi ». S'engager dans une démarche intérieure c'est ouvrir un canal, établir un pont entre eux, les lier pour que leurs « vibrations » réciproques arrivant au même taux de fréquence forme un corps unique. Alors, l'étincelle de lumière qui est le reflet du « Soi » en nous s'accroît, la personnalité se subtilise peu à peu passant d'une octave à une autre toujours plus élevée. Le mental, les émotions et même la corporéité sont progressivement sublimés, unifiés au feu spirituel de l'ange intérieur, qui s'incarne. Et ce lent tissage entre le ciel et la terre, la personnalité et le « Soi », ce mouvement de la navette unissant l'un et l'autre pôle de notre être amène la naissance d'une entité nouvelle qui résulte de cette transfiguration réciproque : c'est le corps de diamant du vajrayana, la pierre cubique de la franc-maçonnerie, la Pierre philosophale des alchimistes, le Chrisos des gnostiques, un état que symbolise aussi les deux triangles entrelacés du sceau de Salomon. En cette figure, tous les éléments de notre être sont unifiés. L'âme est à nouveau comme avant le processus d'involution dans la matière, une unique conscience, un élément stable où toutes les énergies animales sublimées sont réintégrées autour du noyau solaire du « Soi ». Ce qu'illustre parfaitement le mandala, cette figure orientale où les images des dieux sont dessinées autour d'un espace sacré central.

Comme le dit Boris Mouravieff, « la personnalité est unie avec le moi réel », elle est une à jamais avec lui, et « cette union indissoluble forme l'individualité. (...) C'est à partir de ce moment que l'homme existe réellement, qu'il est ... » (Boris Mouravieff, Gnosis, La Baconnière, p. 252)
Nous retrouvons aussi le symbolisme de la Rose-Croix, car une rose fleurissant au centre d'une croix symbolise l'adepte. Les quatre éléments, qui sont les quatre tendances fondamentales de la « personnalité », sont réintégrés autour de la rose mystique centrale qui est, de ce fait, le coeur, la coupe, le Graal qui reçoit le vin de l'éternité. Ainsi, l'adepte unit en lui la terre (le quaternaire, la croix), et le ciel (la Rose).



Au terme de cette petite étude, nous pouvons donc affirmer que toute la destinée de l'homme se joue dans cette relation avec le Maître intérieur, qui est l'axe, le centre, autour duquel la personnalité gravite, même si elle l'ignore.

L'Être de lumière détient le secret de notre destinée. Il est la source de notre dharma, notre fonction dans l'univers. Il est donc celui qui « pèsera notre âme », vérifiant, après notre mort, si notre coeur est « aussi léger qu'une plume ». Il était d'ailleurs représenté par les anciens Égyptiens sous forme d'un oiseau à tête humaine, ce qui montre sa relation avec l'air et le ciel, puisqu'il est la force qui nous pousse à transcender la condition humaine.

Nous avons donc en nous notre propre juge, notre propre lumière, une source de pouvoir immense et inconnue. Et, bien souvent, ce que nous attribuons à un être extérieur, à un maître ou à un dieu, provient, en fait, de cet aspect ignoré de nous-même. Un « miracle », une inspiration, sera, en réalité, amené par la présence de ce maître qui demeure dans le secret.


LE MAÎTRE INTÉRIEUR
Sa relation avec la destinée
d'Erik Sablé, collection "Chemins de sagesse", Editions Dervy, 2007


http://www.nous-les-dieux.org/




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